Mon père peintre, j’avais douze / treize ans quand j’ai commencé à peindre à l’huile.
Baigné dans la couleur et le soleil, j’avais aussi la chance d’être entouré par l’art et les livres d’art. Je rencontrais déjà, par l’image, les contemporains, Picasso, Braque, Cézanne, qui m’éblouissaient par leur inventivité et leur regard sur la nature et le personnage, déjà si loin du figuratif et de la représentation relativement classique de l’oeuvre de mon père.
La révolution picturale avançait.
Dans les années 1963 / 1964, j’ai commencé à travailler dans l’atelier de mon seul et unique maître, Francis Harburger, à Paris près de Montparnasse.
Y était enseigné le dessin, classique, du corps féminin et la peinture surtout, aussi classique, de glacis et transparences, de matières et de couleurs. Une base, nécessaire, je le pense, voire essentielle, avant d’évoluer dans son art.
Ces très nombreuses expériences demandent toujours à aller plus loin dans sa propre recherche, de collages, de matériaux divers, une certaine abstraction, une autre représentation de la réalité. Le sable, la rouille, les papiers, la matière, les matières, tout devient intéressant en vue d’une nouvelle création, toujours en évolution au fil des ans.
Pendant de très nombreuses années, j’ai organisé, en dehors de mes cours avec mes élèves, des séances de croquis de nu avec un petit groupe de mes amis peintres. Nous faisions alors nos gammes, nos exercices. Nous participions chaque fois, ensuite et en commun, à des critiques, sans concessions, mais tellement constructives.
Actuellement, sous toutes ses formes, le dénominateur commun de mon oeuvre reste le corps de la femme.
KIRIGAMI -
Art d’origine Japonaise. C’est l’art du papier découpé.
PROCESSUS DE CREATION
Pour le Kirigami, ce papier épais découpé au cutter, me permet de retrouver la forme et par la suite les volumes qui m’intéressent, à travers la simplicité et la pureté de la ligne, la plus précise, la plus sensible, la plus épurée.
Je découpe cette ligne directement dans ma feuille, sans dessin préparatoire, à plat sur ma table. Il me faut maitriser la découpe à minima, ne pas prendre le risque de détacher complètement le sujet de la feuille. C’est une des premières difficultés. Il faut prévoir la profondeur, l’effet de l’ombre et de la lumière à venir, en gardant la beauté, la sensualité, l’érotisme et la force du corps nu. Je n’ai pas le droit à l’erreur, il n’y a pas de possibilité de repenti. Je travaille toujours avec un modèle vivant. J’ai besoin de la précision, du détail de l’attache d’un sein, de la forme d’une épaule ou de la douceur de la nuque. La courbe d’une hanche, la finesse d’une cheville, sont toujours un plaisir à transposer.
Je transcende et magnifie ce corps que je redécouvre à chaque fois, un peu plus de minute en minute, d’heure en heure, avec le modèle, l’amie avec qui je travaille. Un réel échange, en toute liberté et simplicité, complicité je dirai presque. L’équilibre et la composition, restent à s’inscrire dans la toute simple feuille de papier. La nudité devient alors une force qui laisse l’artiste devant ces difficultés.
A travers la feuille de papier découpée, l’ombre et la lumière modèlent et magnifient le corps de la Femme. Un seul geste, et apparaissent la forme et l’expression, le volume et le mouvement, la sensualité. La lumière ajoutée parfois accentue contraste et mystère.
CERAMIQUE RAKU
Par la rencontre d’autres artistes, j’ai pu aussi découvrir l’argile et le volume, sa transformation, la cuisson, l’émaillage, puis les techniques Japonaises, le RAKU en particulier, le plaisir et l’intensité de cette matière, le rapport à la nature, à l’air et au feu. Travailler la terre, en attendre patiemment le séchage et une première cuisson. Vient ensuite l’émaillage de la pièce dont il faut choisir la couleur et l’intensité, puis, la deuxième cuisson.
A un degré très précis, il faut alors sortir la pièce du four, à l’air libre, encore incandescente. Par ce choc thermique très important, l’émail commence à craqueler, d’une façon totalement aléatoire. La pièce est alors rapidement enfouie, recouverte de copeaux, ce qu’on appelle enfumage et qui fixe définitivement les traces, les écritures, formées par ces changements violents de température. Le miracle peut alors se produire, c’est la terre qui décide. Les pièces sont ensuite refroidies rapidement, plongées dans l’eau.
Si toutes ces opérations doivent être parfaitement maitrisées, c’est seulement au refroidissement total de la pièce qu’on découvrira son intérêt et sa richesse.
INSTALLATIONS
J’ai aussi travaillé sur de de grandes installations,
Salon Comparaisons
Décors de théâtre. Raphele Arditti. Cie Matador.